Merci Madame!

Gisèle HALIMI, une femme d’exception, est décédée ce mardi 28 juillet 2020, le lendemain de son 93ième anniversaire. Elle était une avocate des grandes causes, une infatigable combattante pour les droits des femmes.

Elle naît en 1927 à Tunis. Son père, déçu d’avoir une fille, cache sa naissance pendant trois semaines. Ce début de vie crée en elle une rébellion qui l’amène, à l’âge de 10 ans à entamer une grève de la faim pour manifester contre les tâches ménagères qu’elle se voyait obligée d’accomplir alors que ses frères en étaient exemptés.

En tant que planning familial pour les jeunes, nous tenons à souligner deux de ses grands combats. En effet, en 1972, elle défend une jeune fille de 16 ans accusée d’avoir avorté clandestinement ainsi que sa mère, poursuivie pour avoir aidé sa fille. En faisant sauter le huis clos, Gisèle Halimi décide de faire du « procès de Bobigny » une question politique, celle du droit à l’avortement.

Par ailleurs, l’année précédente, elle signait déjà « Le manifeste des 343 salopes ». Cette pétition française parue le 5 avril 1971 dans le journal « Le Nouvel Observateur ». Une liste de 343 femmes qui reconnaissent s’être faites avorter alors que l’avortement était illégal à cette époque. Cela permettra à Simone Veil de légaliser, en France, l’avortement en 1975.

En 1978, son deuxième grand procès est celui d’Aix-en-Provence. Dans cette affaire, elle défend deux jeunes femmes belges. Celles-ci séjournaient dans un camping naturiste à Marseille et ont été violées par trois hommes toute une nuit. Ce « procès du viol » se découvre d’une certaine brutalité puisque les hommes plaident non coupables et que l’identité des jeunes femmes (lesbiennes et naturistes) est utilisée par les avocats de la défense comme une preuve du « consentement ». Par ces quelques lignes, nous saluons son courage. MERCI MADAME !

Elle est l’auteur de quelques ouvrages. Dans la bibliothèque du Sips, vous pouvez emprunter : « La cause des femmes ». Notons que dans une des dernières interviews qu’elle a donné au journal « Le Monde », elle s’adresse aux femmes en soulignant que : « L’indépendance économique est la clé de votre libération ».

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